Les Airs Andalous

Nouveau l'école de musique des Airs Andalous

Cheikh El Arbi Bensari

الشّيخ العربي بن صاري

Cheikh El Arbi Bensari
1857- 1964


Article de : Abdelkrim BENSID - Posté le : 02 Septembre 2008 - vu : 6282 fois
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«Si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme» 
disait Romain ROLLAND.

Les poèmes andalous, beaux et harmonieux, écrits dans une langue riche et romantique, sont classés et chantés dans des suites ou ‘’Nûbas’’ que les grands maîtres de la ville de Tlemcen   تلمسان    ont interprétés avec beaucoup de verve et de brio. Le 19ème siècle a vu naître celui qui deviendra lui aussi, à l’instar de ceux qui l’on précédé, un maître incontestable et un interprète indétrônable de la musique andalouse. Il s’agit de  :
  Cheikh El ARBI BENSARIالشّيخ العربي بن صاري   
 
Cheikh El ARBI BENSARI  de son vrai nom SARI est né présumé en 1857 dans une famille de fellah  de Ouled Sidi Ali BELHADJ (sur les hauteurs de Tlemcen). Alors qu’il était encore enfant, il désertait la maison de ses parents pour aller écouter les maîtres de la musique andalouse comme les frères DIB  , Cheikh Mohammed BENCHABANE dit BOUDALFA الشّيخ بوظلفة   et bien d’autres qui animaient des soirées lors des mariages ou simplement dans des cafés à Tlemcen (vidéo1).

Ne voulant ni étudier ni travailler la terre avec son père, il fut recruté en qualité d’apprenti coiffeur, chez un grand maître de musique andalouse Cheikh BOUDALFA (1853-1914)  , qui dirigeait un orchestre ; mais si Cheikh EL ARBI était un piètre élève dans la profession de coiffeur, il excellait, par contre, dans la musique andalouse que lui enseignait son maître BOUDALFA; le jeune SARI, élève studieux, animé d’une très grande volonté, apprit vite à jouer de tous les instruments, et particulièrement le R’BEB الرباب et L’ALTO الكمنجة . BOUDALFA, reconnaissant quelque temps plus tard que son élève est devenu un virtuose, lui confia la direction de son orchestre. Mais Cheikh El Arbi a su rester fidèle à l’interprétation de cette musique telle qu’elle lui a été enseigné par son maître; il a suivi le conseil de Ishaq EL Mawcili qui disait «puissions-nous transmettre ce que nous avons appris tel qu’on nous l’a enseigné».

Doté d’une mémoire phénoménale, il possédait un répertoire très riche et pouvait interpréter n’importe quelle Nûba ou Hawzî sans jamais jeter un coup d’œil sur son cahier et jouait avec vigueur. Il animait des soirées musicales lors des mariages     au cours desquelles il présentait un programme très riche convenant aussi bien aux jeunes qu’aux vieux, aux hommes qu’aux femmes.

C’était l’interprétation de la Nûba qui faisait le bonheur des mélomanes  ;   enfin il terminait la soirée par des chants religieux. Cheikh El Arbi s’était, aussi, produit hors du territoire national :

- En France (Exposition universelle) 1900.
- En France (l’inauguration de la grande mosquée de Paris) 1926   
- En Egypte (congrès du Caire) 1932    d’où il a ramené des chansonnettes et des Tezwikats *, inspirés de الدّوالب -dawâlib-.
- Congrès de Fès en 1939, etc.

A chaque fois qu’il visitait un pays, il se fixait un objectif : celui de ramener des «chghals» شغال  dans le but d’enrichir le répertoire Tlemcenien. 

• Tétouan en 1914 أما تبعت حسن ابهاك 
• Turquie, d’où il ramenât  يوك با باجي 
• Syrie « يا ضريف الطول » Etc Le maître avait composé « ياكعة يابية ربّي محلاكي » chanson prisée par toutes les femmes Tlemceniennes. 

Cheikh El Arbi avait enregistré, avant 1962, des émissions télévisées  dont il ne reste plus que trois, perdues dans les oubliettes. Il aimait aussi se retrouver en privé, avec d’autres interprètes tels que Mohammed BOUALI (1917- 1998), Mustapha BELKHODJA (1915-1963), Mustapha BEREKSI, Abdelghani MALTI (1921-1993) et bien d’autres pour répéter des Nûbas et Hwazâs.

C’était des après-midi passées, entre amis de la profession, au cours desquelles des noubas complètes étaient exécutées dans le summum de l’art ; des enregistrements sur bandes magnétiques existent, à ce jour. Il aimait se retrouver tête à tête avec Cheikh Kheireddine BENABOURA (1908- 1977) dans son bureau à la mairie de Tlemcen pour de courtes répétitions.  

Le 24 décembre 1964, Ammi El Hadj comme le prénommait affectueusement les Tlemceniens, ce grand maître de la musique cette imposante personnalité qui a su allier l’art et la manière dans l’interprétation des noubas, s’éteignit, dans sa ville natale, Tlemcen, drainant derrière lui, lors de ses obsèques, une foule très nombreuse qui voulait, à tout prix , rendre un dernier hommage à ce maître tant aimé, tant admiré, à ce virtuose considéré comme étant le dernier de sa lignée.

Monsieur Kamel Bendisari, a su, dans un documentaire réalisé dans les années 80, retracer d’une façon détaillée les événements entourant la longue vie de Cheikh El Arbi BENSARI-Rahimahou allah

Les Airs Andalous vous proposent de revivre ces moments inoubliables de ce grand maître à travers des vidéos et d'un  documentaire réalisé par Kamel BENDISARI (Vidéo complète du film de kamel BENDISARI). 

Par  A. BENSID Avec mes remerciements à mon ami Yahia GHOUL 

* Tezwikats Intermèdes musicaux rythmés introduits dans l’istikhbarats

Mçadar Hsîn El jamel fettene
Inçirâf Hsîn par Cheikh Zérouki
Inçirâf Hsîn min nodmihi El morjân par Cheikh Zérouki
Orchestre Cheikh El Arbi Bensari
Documentaire  réalisé par  kamel Bendisari


Cheikh El Arbi Bensari , vers 1935
Cheikh El Arbi Bensari, vers 1910
Cheikh El Arbi en compagnie de sa famille et d'amis français , on reconnais le père  et le frère de Cheikh El Arbi
De droite à gauche , Omar Bekhchi, Abdelkader Bekhchi , Cheikh Mohammed Dib et son frère Ghouti , Benaouda Bekhchi  dit Kmouch , au café El Bouzidi 1906
Cheikh Mohammed BENCHABANE dit BOUDALFA  (1853-1914) , photo prise vers 1900
Orchestre de Cheikh Boudalfa à sidi Bel Abbés en 1914.  A droite de Cheikh el Arbi , Kermouni , et à sa gauche Boudalfa et Braham draï
Orchestre  Cheikh El Arbi Bensari , au centre Cheikh El Arbi , à sa gauche Cheikh Redouane et zine El abidine Benmansour et à sa droite Hassan Bekhchi , Settouti (Fhal) et Kmouch . 1 - Lachachi , 2 - Mesli , 3 - Yahia Boutmen
Orchestre Cheikh El Arbi Bensari  en 1918 , Cheikh El Arbi au centre , à sa Droite Omar Bakhchi  et Zenagui , et à sa gauche Abdelkader Bakhchi et Moha.
Orchestre Cheikh El Arbi Bensari en studio 1935 , Cheikh El Arbi à sa droite Karmouni , Mohammed Sari , à sa gauche Cheikh Redouane , Benkabil et Benmansour
Inauguration de la mosquée de Paris 1926. Cheikh Omar , Redouane , Cheikh El Arbi et M'hammed Sari.
Cheikh El Arbi Bensari En Egypte (congrès du Caire) 1932
Cheikh El Arbi , En Egypte (congrès du Caire) 1932
Cheikh El Arbi Bensari


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Cheikh El Arbi Bensari Ecriture HANINA
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Cheikh El Arbi Bensari Ecriture BAHA SERRI




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